01Résumé exécutif
StormFisher prévoit de construire une usine de production d’e-méthanol dans les prochaines années sur le site de l’ancienne installation Recyclage Carbone Varennes.
Avec des investissements additionnels d’environ 650 millions de dollars, ce projet produira annuellement 72 000 tonnes d’e-méthanol et générera des impacts économiques importants et des bénéfices environnementaux ainsi qu’une productivité très élevée du travail.
Le projet augmentera également le PIB du Canada de 54,9 millions de dollars par année, les gouvernements du Canada et du Québec percevant respectivement des recettes fiscales annuelles de 5,5 millions et 5 millions de dollars. Si l’on inclut les impacts fiscaux de la construction de l’usine (101 millions de dollars au niveau fédéral et 93 millions de dollars au niveau provincial), les deux niveaux de gouvernement recevront plus de 145 millions et 133 millions de dollars au cours des dix prochaines années.
Le projet conduira également à une réduction substantielle des émissions mondiales de GES grâce à la capture duCO2 normalement libéré dans l’air qui servira à produire le méthanol.
Comparativement aux émissions moyennes de GES provenant du transport maritime, plus de 100 000 tonnes deCO2 seraient évitées par année.
Cependant, compte tenu des prix de vente attendus, le coût en capital important rendra difficile l’atteinte de la rentabilité requise pour ce projet. C’est pourquoi StormFisher demande au gouvernement fédéral de traiter à la fois le méthanol et l’ammoniac de manière égale dans le cadre du Crédit d’impôt pour investissement en hydrogène propre (CHITC), afin que ses investissements dans la production d’e-méthanol soient admissibles à un crédit d’impôt de 15%.
Pour StormFisher, cela représenterait environ 94 millions de dollars d’aide fiscale. Si tous les projets équivalents actuellement en développement sont inclus, cet amendement fiscal coûterait un maximum de 379 millions de dollars.
On estime que le gouvernement fédéral disposera de 2,8 milliards de dollars de marge budgétaire d’ici 2028 pour le coût initial du CHITC. Cet espace budgétaire est disponible grâce aux nombreux projets de production d’hydrogène propre qui ont été développés mais qui ont finalement été abandonnés ou reportés.
L’amendement fiscal demandé est financièrement viable pour le gouvernement fédéral, tant en termes d’espace budgétaire disponible pour le CHITC que des impacts fiscaux, qui dépasseront le coût de la mesure au cours de la durée de vie opérationnelle prévue de l’usine. Le gouvernement fédéral peut donc agir sans aucun risque budgétaire tout en soutenant un projet qui contribue à la transition énergétique et à la compétitivité de l’industrie canadienne des carburants propres.
02Contexte
2.1 À propos du projet Varennes de StormFisher
StormFisher a acquis l’installation Recyclage Carbone Varennes en octobre 2025. Bien que le projet ait été initialement créé pour la gazéification par biomasse, sous la direction de StormFisher, il produira de l’e-méthanol à partir d’hydrogène électrolysé et de carbone capturé.
En combinant l’hydrogène vert produit avec un électrolyseur de 100 MW (exploité par Hydro-Québec) et le carbone capturé, l’entreprise produira du méthanol à très faibles émissions de carbone, ce qui aidera à réduire les émissions de gaz à effet de serre, particulièrement pour le transport maritime.
StormFisher prévoit un investissement supplémentaire d’environ 650 millions de dollars pour achever la construction des installations de production d’électrolyseurs et d’e-méthanol. La construction est prévue pour commencer en 2027, et la production débutera en 2028.
Une fois mise en service, l’usine produira 72 000 tonnes d’e-méthanol par an en utilisant 100 000 tonnes de CO2 biogénique provenant d’une usine d’éthanol adjacente à l’installation StormFisher et de sites d’enfouissement. Cette production deCO2 est actuellement émise dans l’atmosphère par la société partenaire et les sites d’enfouissement. Des investissements supplémentaires seront nécessaires pour capter ces émissions.
L’usine de Varennes emploiera 37 personnes pour ses opérations et fonctionnera avec un coût d’exploitation annuel de plus de 70 millions de dollars.
2.2 Demande de modification fiscale
Dans son budget 2023, le gouvernement fédéral a qualifié les investissements en capital dans des projets à base d’ammoniac à base d’hydrogène propre pour le CHITC à un taux de 15%.
StormFisher demande donc au gouvernement fédéral de qualifier les investissements dans la production d’e-méthanol, d’e-méthane et d’e-SAF. 1
Un argument en faveur de cette demande est que le méthanol est un combustible couramment utilisé dans le monde et que la production de StormFisher le remplacerait par une version qui réduit les émissions mondiales de GES.
Compte tenu des prix que ses clients doivent payer pour cette production et du taux de rendement interne attendu par les investisseurs, il est important que StormFisher réduise le coût d’investissement des infrastructures qu’ils doivent construire.
1 Le préfixe « e- » sur ces termes fait référence à « électro- », c’est-à-dire lorsqu’un alcool (méthanol), un gaz (méthane) ou un carburant (carburant aéronautique durable, SAF) est produit à partir d’électricité propre et deCO2 capturé, et a donc des émissions nettes de GES très faibles voire nulles.
03Le marché de l’e-méthanol
3.1 Mondial
En 2023, 110 millions de tonnes de méthanol ont été produites dans le monde malgré une capacité de production mondiale de 183 MTPA. 2 La Chine est le principal producteur et consommateur mondial de méthanol, puisqu’elle produit 69 MTPA et consomme 80,7 MTPA de ce carburant (BloombergNEF, 2024).
Ce produit est principalement utilisé comme additif d’essence et dans l’industrie pétrochimique pour produire du contreplaqué, des textiles, de la peinture et des adhésifs.
Actuellement, moins de 1% du méthanol consommé dans le monde est faible en GES (DNV, 2025). Cependant, la réglementation européenne entraînera une demande croissante pour la production de ce carburant dans les années à venir.
Par exemple, en 2025, l’Europe a pleinement mis en œuvre le règlement maritime FuelEU qui exige que les navires océaniques de plus de 5 000 tonnages bruts entrant dans les ports européens réduisent progressivement leur intensité de carburant à effet de serre aux taux suivants : −2% en 2025, −6% en 2030, −13% en 2035, −26% en 2040 et −80% en 2050 par rapport à la moyenne de 2020 (Commission européenne, s.d.). Ces objectifs s’appliquent à tout le cycle de vie du carburant.
De plus, en 2025, l’Organisation maritime internationale (OMI) a proposé un nouveau mécanisme de tarification des GES pour la navigation qui imposera des pénalités aux navires dépassant les seuils d’émission à partir de 2028. L’OMI vise à réduire les émissions de GES dans l’industrie maritime de 20% d’ici 2030 et de 70% d’ici 2040 par rapport aux niveaux de 2008, avec pour objectif ultime d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 (DNV, 2025). Les discussions sur l’adoption de ce nouveau cadre devraient avoir lieu en 2026.
En conséquence, la demande pour le méthanol à faible émission de carbone devrait croître considérablement. Selon l’Institut du méthanol, le pipeline du projet de méthanol renouvelable et à faible émission de carbone aura une capacité de 56,3 MTPA d’ici 2030, dont 21,8 MTPA sont projetés pour l’e-méthanol (Methanol Institute, 2025). Compte tenu des obstacles au développement du projet, la capacité réelle mise en service devrait varier entre 6 et 13 MTPA d’ici 2030, ce qui représente une augmentation substantielle par rapport à la production actuelle d’environ 0,2 MTPA (Institut du méthanol, 2025).
Le scénario ambitieux de transformation énergétique de l’IRENA et de l’Institut du Méthanol prévoit que la production mondiale de méthanol renouvelable pourrait atteindre 385 MTPA d’ici 2050, incluant 250 MTPA d’e-méthanol (Agence internationale des énergies renouvelables, 2021).
Cette demande est déjà soutenue par une flotte en expansion rapide, puisque à l’échelle mondiale, 450 navires capables d’utiliser le méthanol sont en service ou en commande (DNV, 2025). En comparaison, seulement 41 navires capables d’hydrogène sont en service ou en commande, avec le même nombre pour l’ammoniac.
Selon l’AIE, les politiques actuelles visent à ce que les carburants à faible émission de carbone couvrent près de 15% de la demande d’énergie maritime d’ici 2050 (Agence internationale de l’énergie, 2025).
C’est pourquoi StormFisher a déjà identifié plusieurs partenaires intéressés, a signé des ententes provisoires et négocie actuellement des ententes finales avec plusieurs partenaires à qui elle vendra sa production dans les années à venir.
2 MTPA : Millions de tonnes par an
3.2 Canada et Québec
Le transport maritime est l’un des principaux secteurs qui pourraient bénéficier de la production d’e-méthanol au Québec. Le port de Montréal a lancé un projet de recherche pour les navires opérant sur le fleuve Saint-Laurent afin de tester l’utilisation de l’e-méthanol (Port de Montréal, sans date). Ce projet de recherche implique Ocean Group, un fournisseur québécois de services maritimes spécialisé dans le remorquage et la construction navale.
La situation est similaire dans le reste du Canada. Par exemple, à Vancouver, l’e-méthanol a été choisi comme carburant pour décarboner le transport maritime. Un document de discussion d’Oceans North et Arup a étudié la création d’une grande installation de production d’e-méthanol au port de Vancouver pour alimenter les corridors maritimes, avec une production cible de 200 000 tonnes par an d’ici 2040 (Oceans North et Arup, 2025).
Compte tenu des normes mises en œuvre en Europe, des normes qui pourraient être appliquées par le cadre de l’OMI, et du nombre croissant de navires capables de consommer du méthanol en service ou en commande, les ports du Canada et du Québec pourraient devenir des marchés pour l’e-méthanol produit au pays. Cependant, ces quantités seraient minimes comparées au marché d’exportation, particulièrement en Europe.
Le Canada et le Québec pourraient donc s’implanter sur ce marché grâce à l’exportation, par exemple, en raison de la demande découlant des nouvelles normes européennes en matière de carburant.
04Impact environnemental
Le méthanol est actuellement produit à partir de charbon ou de gaz naturel, et sa production à partir de ces procédés génère une grande quantité d’émissions de GES, soit 300 gCO2eq/MJ 3 (charbon) et 110 gCO2eq/MJ (gaz naturel) sur tout leur cycle de vie (Hamelinck & Bunse, 2022). La production de méthanol à elle seule représente 0,7%, soit 261 millions de tonnes, des émissions mondiales deCO2 (Bloomberg NEF, 2024).
Le secteur maritime utilise d’autres combustibles en plus du méthanol, tels que le gaz naturel liquéfié (GNL) et le gazoul marin (MGO), dont l’intensité carbone moyenne est de 79,9 gCO2éq/MJ et 88,2 gCO2éq/MJ (Zamboni, Scamardella, Gualeni & Canepa, 2024).
L’intensité carbone moyenne actuelle du carburant utilisé dans le transport maritime est estimée à 93,3 gCO2éq/MJ (Organisation maritime internationale, 2025).
En ce qui concerne l’e-méthanol, produit à partir d’hydrogène vert et de carbone capturé, les émissions deCO2 peuvent être presque complètement éliminées. Si le carbone est capté directement de l’air, les émissions nettes de GES lors de la combustion peuvent être nulles si l’électricité utilisée pour produire le méthanol est 100% renouvelable. Si le carbone provient des procédés industriels, l’impact est plus proche de 10gCO 2éq/MJ (Agence internationale des énergies renouvelables, 2021). Selon Zamboni et al. (2024), les émissions moyennes du méthanol vert sont de 13,6 gCO2éq/MJ.
Ces émissions sont 30 fois inférieures à celles du méthanol produit à partir du charbon, 11 fois moins que le méthanol produit à partir du gaz naturel, et 6 fois moins que les autres combustibles utilisés pour le transport maritime.
L’empreinte carbone estimée pour l’ensemble du cycle de vie des projets StormFisher, TES Canada, Elemental CF et Greenfield Global — incluant intrants, production, transport etconsommation 4 — est comprise entre 4 et 25 gCO2éq/MJ.
Techniquement, l’e-méthanol produit remplacera le carburant actuellement utilisé, dont l’intensité carbone est de 93,3 gCO2eq/MJ. Ces quatre projets réduiraient donc les émissions de GES de 562 000 tonnes de CO2 par an, avec plus de 100 000 tonnes de CO2 par année pour StormFisher. Cela équivaut à retirer 188 000 voitures de la route (Ressources naturelles Canada, 2025).
3 MJ : Mégajoule ou 1 million de joules | 4 Réveil pour se réveiller
05Impacts économiques et fiscaux
Les chiffres présentés dans cette section ainsi que les valeurs utilisées pour effectuer les calculs ont été arrondis afin de préserver la confidentialité de l’information sous-jacente.
5.1 Impacts économiques
Pour l’ensemble du Canada, le projet Varennes de StormFisher aura un impact économique total de 54,9 millions de dollars par année d’exploitation et créera plus de 200 emplois directs, indirects et induits (Tableau 1). Le Québec bénéficiera de la grande majorité de ces avantages économiques, puisque cette région verra plus de 80% de l’augmentation du PIB et 80% de ces emplois.
Cela s’ajoute aux impacts économiques liés à l’investissement d’environ 650 millions de dollars pour les phases finales de construction de l’usine. Cet investissement augmentera le PIB du Canada de 700 millions de dollars et celui du Québec de près de 600 millions de dollars.
Tableau 1
Impacts économiques de l’exploitation de l’usine d’e-méthanol de StormFisher
| Direct | Indirect | Induit | Total | |
|---|---|---|---|---|
| Tout le Canada | ||||
| PIB (milliers de dollars) | $23,700 | $23,900 | $7,300 | $54,900 |
| Emplois | 40 | 120 | 50 | 210 |
| Québec | ||||
| PIB (milliers de dollars) | $23,700 | $16,400 | $4,800 | $44,900 |
| Emplois | 40 | 90 | 40 | 170 |
Notes : Multiplicateurs entrées-sorties de Statistique Canada, tableau 36-10-0595-01; Calculs EP de gougeon.
Tableau 2
Impacts économiques de la construction de l’usine d’e-méthanol de StormFisher
| Direct | Indirect | Induit | Total | |
|---|---|---|---|---|
| Tout le Canada | ||||
| PIB (milliers de dollars) | $275,000 | $244,000 | $182,000 | $701,000 |
| Emplois | 2,310 | 1,960 | 1,320 | 5,590 |
| Québec | ||||
| PIB (milliers de dollars) | $275,000 | $181,000 | $136,000 | $592,000 |
| Emplois | 2,310 | 1,530 | 1,000 | 4,840 |
Notes : Multiplicateurs entrées-sorties de Statistique Canada, tableau 36-10-0595-01; Calculs EP de gougeon.
Au cours des dix prochaines années, 5 le projet Varennes de StormFisher ajoutera plus de 1,1 milliard de dollars au PIB canadien. Actuellement, l’usine devrait fonctionner pendant au moins 24 ans.
5.2 Impacts fiscaux
Cette activité économique aura un impact fiscal sur les gouvernements du Canada et du Québec, puisque les différents niveaux de gouvernement percevront des recettes fiscales totales estimées à près de 212 millions de dollars sur l’impôt sur le revenu provenant des emplois soutenus par ce projet (directs, indirects et induits)6 ainsi que sur les impôts sur les sociétés (indirects et induits) (Tableau 3).
Le gouvernement fédéral seul recevra des revenus supplémentaires de 101 millions de dollars, tandis que le Québec recevra des recettes fiscales de 93 millions de dollars en lien avec les investissements en capital. Les revenus pour les autres juridictions, principalement des municipalités, dépasseront 18 millions de dollars.
Une fois la construction terminée, les activités de l’usine généreront des revenus fiscaux annuels importants. Au total, plus de 13 millions de dollars par année iront aux différents niveaux de gouvernement. Le gouvernement fédéral recevra plus de 5,5 millions de dollars par année en revenus supplémentaires, tandis que le gouvernement du Québec recevra 5 millions de dollars par année en recettes fiscales.
Tableau 3
Impact financier de la construction de l’usine StormFisher
(milliers $, direct, indirect et induit)7
| Total | Fédéral | Québec | Autres | |
|---|---|---|---|---|
| Taxation des produits et de la production | $52,700 | $9,800 | $24,600 | $18,300 |
| Impôts payés par les entreprises | $47,000 | $29,400 | $17,600 | – |
| Impôts payés par les travailleurs | $112,500 | $61,900 | $50,600 | – |
| Total | $212,200 | $101,100 | $92,800 | $18,300 |
Notes : Multiplicateurs entrées-sorties de Statistique Canada, tableau 36-10-0595-01. Les impôts payés par les entreprises ont été calculés en fonction des bénéfices bruts d’exploitation. Le revenu moyen gagné par emploi créé a été utilisé pour calculer les impôts payés par les travailleurs. Les tableaux fiscaux de 2026 ont été utilisés. Basé sur la valeur des investissements requis prévus par StormFisher. Calculs EP de gougeon.
Tableau 4
Impact fiscal annuel de l’exploitation de l’usine StormFisher (milliers de dollars)
| Total | Fédéral | Québec | Autres | |
|---|---|---|---|---|
| Taxation des produits et de la production (directe, indirecte et induite) | $4,400 | $400 | $1,800 | $2,200 |
| Impôts payés par les entreprises (indirects et induits) | $3,600 | $2,400 | $1,200 | – |
| Impôts payés par les travailleurs (directs, indirects et induits) | $4,700 | $2,700 | $2,000 | – |
| Total | $12,700 | $5,500 | $5,000 | $2,200 |
Notes : Multiplicateurs entrées-sorties de Statistique Canada, tableau 36-10-0595-01. Les impôts payés par les entreprises ont été calculés en fonction des bénéfices bruts d’exploitation. Le revenu moyen gagné par emploi créé a été utilisé pour calculer les impôts payés par les travailleurs. Les tableaux fiscaux de 2026 ont été utilisés. Basé sur les dépenses annuelles d’exploitation prévues par StormFisher. Calculs EP de gougeon.
Au cours des dix prochaines années,8 le gouvernement fédéral percevra plus de 145 millions de dollars en recettes fiscales de l’usine StormFisher, qui devrait fonctionner pendant au moins 24 ans.
5.2.1 Détails sur les impacts économiques et fiscaux
Ces calculs d’impact économique et budgétaire simulent les implications de l’ajout de capital net à l’économie, mais n’établissent pas la pertinence ou la probabilité de cet investissement.
Dans ce cas, StormFisher a annoncé son intention de réaliser les investissements prévus, le marché de l’e-méthanol existe et est en croissance, et l’entreprise a signé des accords de principe et a fait avancer les négociations avec les acheteurs pour sa production, ce qui réduira les émissions nettes de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
La pertinence de cet investissement et la probabilité qu’il se réalise sont donc significatives. Cela dit, il ne serait pas impossible que les impacts économiques et fiscaux de la construction de l’usine se concrétisent si un autre projet au Québec utilisait les services disponibles des entreprises de construction.
Cependant, en période de faible croissance économique (comme c’est le cas pour le Canada au début de 2026), cette hypothèse n’est pas très solide.
Il est donc préférable de se concentrer sur les impacts des opérations de l’usine. En même temps, les impacts de la phase de construction ne doivent pas être négligés, compte tenu du climat d’incertitude économique, ni considérés comme comparaison avec les évaluations d’impact économique standard.
5.3 Productivité
Comme indiqué dans le tableau 5, le projet StormFisher génère une valeur ajoutée par employé de plus de 1,3 million de dollars, soit une valeur nettement supérieure aux comparables présentés dans le tableau. Même comparé aux entreprises du secteur de l’énergie, qui sont très productives, le projet de StormFisher affiche presque deux fois plus de productivité.
Tableau 5
Valeur ajoutée par travailleur ($)
| Valeur ajoutée par travailleur | |
|---|---|
| Économie globale | $123,380 |
| Secteur manufacturier | $148,341 |
| Secteur de l’énergie | $754,669 |
| StormFisher | $1,300,000 |
Note : Statistique Canada, Tableau 36-10-0480-01; Données de 2021. Pour la valeur de StormFisher, calcul basé sur les données fournies par l’entreprise en dollars courants (2026); Calcul de l’EP du gougeon.
Cela reflète la forte intensité de capital caractéristique des projets énergétiques, puisque chaque travailleur exploite et supervise des actifs de grande valeur, ce qui se traduit par une grande valeur ajoutée par travailleur. Cette productivité élevée du travail découle directement d’un investissement en capital important.
Tout bien considéré, le projet StormFisher aura un effet à la hausse sur la productivité moyenne nationale.
5 Deux ans de construction et huit ans d’exploitation. | 6 Compte tenu de l’ampleur des investissements prévus pour ce projet et de l’amortissement qui sera enregistré les années suivantes, aucun impôt sur le revenu n’a été calculé pour l’usine de Varennes. | 7 La taxation sur les produits et la production fait référence aux taxes indirectes prélevées sur la production (taxes foncières, droits et licences, taxes sur les salaires) et sur les produits (TPS, TPS, droits de douane). | 8 Deux ans de construction et huit ans d’exploitation.
06Modification fiscale demandée
6.1 Impact budgétaire
Comme mentionné plus haut, StormFisher demande au gouvernement fédéral de qualifier les investissements dans la production d’e-méthanol, d’e-méthane et d’e-SAF dans le cadre du CHITC à un taux de 15%.
Pour le projet StormFisher, cet amendement fiscal aurait un impact budgétaire d’environ 94 millions de dollars.
6.1.1 Projets actifs de méthanol au Canada
Cette mesure fiscale pourrait être utilisée par d’autres projets prévus au Canada en plus de ceux de StormFisher et pourrait même en générer de nouveaux.
Actuellement, au moins cinq autres projets d’e-méthanol, e-Méthane ou e-SAF sont en cours de développement au Canada par les entreprises suivantes :
- Nova Sustainable Fuels (Nova SF) en Nouvelle-Écosse
- TES Canada au Québec
- Greenfield Global au Québec
- CF élémentaire en Colombie-Britannique
- Teralta au Manitoba
Comme pour le projet de StormFisher, les projets de ces entreprises en sont encore aux stades préliminaires et ne sont pas encore au stade de début de la production.
Toutes ces entreprises ont été approchées pour fournir des informations pour ce rapport. Seuls TES Canada, Greenfield Global et Elemental CF ont partagé certaines de leurs informations financières préliminaires.
Sur la base de ces données et de l’hypothèse que 100% des investissements en capital prévus seraient admissibles au CHITC amélioré, et si le coût moyen des quatre projets dont nous disposons d’informations est appliqué aux deux autres, la modification fiscale demandée coûterait près de 379 millions de dollars (Tableau 6).
Tableau 6
Impact budgétaire de l’amélioration du CHITC – 100% des investissements (milliers de dollars)
| Impact budgétaire | |
|---|---|
| CHITC – Méthanol | $379,000 |
Note : L’hypothèse est que 100% des investissements en capital seraient admissibles au CHITC amélioré. Source : Données fournies par TES Canada, Greenfield Global, Elemental CF et StormFisher. L’impact budgétaire de StormFisher a été inclus dans l’impact budgétaire du CHITC – Méthanol. Calculs EP de gougeon.
Cette estimation est destinée à des fins d’information uniquement parce que, comme mentionné précédemment, les données fournies sont des estimations pour des projets encore en phase préliminaire, et l’information n’est pas disponible pour deux des six projets.
En même temps, en supposant que 100% des investissements seraient admissibles au nouveau CHITC, la valeur obtenue serait donc un type de borne supérieure. Si l’hypothèse utilisée était de 70%, le coût total serait révisé à la baisse de 114 millions de dollars.
6.1.2 Effets de débordement sur le CHITC – Hydrogène
Tous les projets mentionnés ci-dessus impliqueront la construction d’un électrolyseur pour créer de l’hydrogène vert destiné à la production de carburants à faibles émissions, comme l’e-méthanol.
En supposant que la modification fiscale demandée par StormFisher soit nécessaire pour qu’ils avancent, les projets généreront un impact budgétaire brut de 1,3 milliard de dollars pour le gouvernement fédéral (Tableau 7).
L’impact brut a été utilisé ici parce que certains de ces projets, et très probablement celui de TES Canada, ont dû être inclus dans le calcul du coût de CHITC lors de son annonce. Comme la liste des projets examinés par le gouvernement n’était pas disponible, les résultats du Tableau 7 doivent être considérés comme une borne supérieure pour l’impact budgétaire additionnel.
Cependant, il convient de noter que le projet TES Canada, qui comprend la construction d’un électrolyseur de 500 MW, est cinq fois plus grand que celui de StormFisher et a donc un poids important dans ce calcul ainsi que dans la moyenne appliquée aux projets Nova SF et Teralta.
Si TES Canada était exclu du calcul de la moyenne appliquée à Nova SF et Teralta, l’impact budgétaire serait plutôt de 1 milliard de dollars.
Tableau 7
Impact budgétaire brut estimé du CHITC – Hydrogène pour les six projets (milliers de dollars)
| Impact budgétaire | |
|---|---|
| CHITC – Hydrogène | $1,276,000 |
Note : Données fournies par TES Canada, Greenfield Global, Elemental CF et StormFisher. Pour les deux projets pour lesquels aucune information n’a été fournie, le coût moyen des quatre autres projets a été utilisé. Calculs EP de gougeon.
6.2 Impact économique de ces projets
En plus de leurs impacts financiers, ces différents projets généreront des impacts de plus de 300 millions de dollars par année pour l’économie canadienne. Il convient également de noter que plusieurs de ces projets ciblent à la fois les marchés nationaux et internationaux. TES Canada, par exemple, prévoit vendre la moitié de sa production à Énergir pour alimenter son réseau en gaz naturel renouvelable. StormFisher, de son côté, a signé plusieurs accords pour exporter sa production vers l’Europe et l’Asie.
Tableau 8
Impacts économiques des projets e-méthanol, e-méthane et e-SAF pour le PIB du Canada (milliers de dollars)
| Direct | Indirect | Induit | Total | |
|---|---|---|---|---|
| Total | $133,000 | $134,000 | $41,000 | $307,000 |
Note : Multiplicateurs entrée-sortie de Statistique Canada, tableau 36-10-0595-01. Selon les dépenses annuelles d’exploitation prévues fournies par TES Canada, Greenfield Global, Elemental CF et StormFisher; Calculs EP de gougeon.
6.3 Conclusion sur l’impact de l’amendement demandé
Dans la section 5, il a été déterminé que les opérations du projet StormFisher généreraient 5,5 millions de dollars de recettes fiscales annuelles pour le gouvernement fédéral.
L’impact financier du projet StormFisher est estimé à 94 millions de dollars.
Le projet devrait donc fonctionner pendant 18 ans pour que le gouvernement puisse récupérer son investissement initial. Comme mentionné plus haut, l’usine devrait fonctionner pendant au moins 24 ans.
Cependant, si l’impact fiscal de la construction de l’usine (estimé à 101 millions de dollars sur deux ans pour le gouvernement fédéral) était inclus, le coût de l’amendement demandé au CHITC serait entièrement remboursé. Chaque année d’exploitation aurait alors un impact net positif sur les finances du gouvernement fédéral.
Comme mentionné plus haut, nous ne disposons pas d’informations suffisantes pour que les autres projets confirment sans aucun doute que l’impact fiscal total de la construction et de l’exploitation de leur infrastructure serait le même.
Cependant, étant donné que les recettes fiscales compenseraient la dépense fiscale de l’amendement demandé pour le projet StormFisher — surtout si tout ou une partie des recettes fiscales de la construction sont incluses dans le calcul — le scénario serait probablement similaire pour les autres projets.
07Espace budgétaire
7.1 Estimation initiale du coût du CHITC
Dans son budget 2022, le gouvernement a annoncé son intention de créer un crédit d’impôt à l’investissement pour la production d’hydrogène propre (Finances Canada [1], 2022). Le CHITC a été confirmé dans le Rapport économique d’automne 2022 (ministère des Finances Canada [2], 2022), qui estimait que l’impact budgétaire de 2023–2024 à 2027–2028 serait de 5,7 milliards de dollars. Ce montant a été légèrement révisé à la baisse dans le budget subséquent de 2023 à 5,6 milliards de dollars (Finances Canada [3], 2023).
En 2024, l’agent parlementaire du budget (PBO) a soumis une évaluation indépendante du coût de la mesure fiscale, incluant des projets de production d’ammoniac à partir d’hydrogène propre, ce qui totaliserait 5,7 milliards de dollars sur la même période.
Pour cette dernière estimation, le PBO a consulté les informations recueillies par le ministère des Finances Canada et Ressources naturelles Canada. Notez que les informations du PBO provenant du ministère des Finances Canada datent de 2021 et qu’ils estimaient que 40% des dépenses d’investissement en électrolyse de l’eau seraient admissibles au CHITC.
À la fin de son document, le PBO note que son estimation comporte plusieurs incertitudes, notamment que ces projets en sont à leurs tout débuts et que beaucoup d’entre eux pourraient ne pas être terminés.
7.2 Projets abandonnés ou reportés
Comme le PBO l’avait anticipé, depuis le moment de son estimation, certains projets ont été abandonnés ou sont restés en phase de concept, avec très peu de progrès entre-temps.
L’Association canadienne de l’hydrogène (CHA) a mené une enquête sur tous les projets d’hydrogène propre au Canada qui pourraient bénéficier du CHITC afin de recréer les calculs du PBO et du ministère des Finances Canada.
Le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador a récemment annoncé son intention de ne pas renouveler l’accès aux terres publiques pour les initiatives éoliennes relevant de trois projets de production d’hydrogène : le projet Nujio’qonik (World Energy GH2), le projet de carburants verts de la péninsule de Burin (EverWind) et le projet Toqlukuti’k Wind and Hydrogen (ABO Energy) (Le ministre Parrott donne une mise à jour sur le développement de l’hydrogène éolien, 2026).
Au total, les électrolyseurs pour ces trois projets représentaient une capacité de près de 2 000 MW. À cela s’ajoute le projet d’énergie éolienne et de carburants verts d’Argentia Renewables, qui se concentre actuellement uniquement sur l’énergie éolienne, puisque la production d’ammoniac vert et d’hydrogène a été retirée du projet pour le moment (Kean, 2025).
La capacité totale de ces projets de production d’hydrogène propre est maintenant inférieure à plus de 2 100 MW de ce qui avait été annoncé ces dernières années.
De plus, certains projets ont été reportés pour diverses raisons, d’autres ont très peu d’informations nouvelles disponibles, et d’autres restent encore en suspens. Ce qui a été observé au Canada est aussi en accord avec la situation mondiale. Comparativement à 2024, les prévisions de capacité de production d’hydrogène d’ici 2030 ont diminué de 12 MTPA, passant de 49 MTPA à 37 MTPA (Agence internationale de l’énergie, 2025). Selon BloombergNEF, moins du tiers des 1 600 projets annoncés se concrétiseront ou pourraient le faire plus tard que prévu (BloombergNEF, 2024).
7.2.1 Méthodologie de collecte d’information de l’ACH
La CHA a compilé cette liste de projets à partir d’annonces faites ces dernières années et de discussions avec ces entreprises.
Des recherches supplémentaires ont été menées au cours des dernières semaines pour mettre à jour cette liste compilée.
Cette méthode de collecte d’informations ne garantit pas une précision inéfalible. En effet, l’information disponible pour certains projets date de plusieurs mois, voire d’années. De plus, bien que les communications officielles puissent suggérer qu’un projet est solide, des informations non officielles ou des connaissances du marché peuvent indiquer que ces projets risquent d’être abandonnés à l’avenir.
Notez également que cette liste ne contient aucun projet non annoncé actuellement en cours sous le radar du public.
Cependant, il est important de noter que le PBO et le ministère des Finances Canada semblent avoir utilisé une méthodologie similaire. Le PBO précise également que :
Bien que les informations recueillies par la CHA puissent être incomplètes et imprécises, cet exercice demeure le meilleur réalisé jusqu’à présent à la connaissance de StormFisher et de la CHA.
7.3 Espace budgétaire libéré
Tous ces projets ont probablement été inclus dans la liste des projets sélectionnés par le ministère des Finances et le PBO pour estimer l’impact budgétaire du CHITC.
Avant le retrait de ces projets, la CHA avait estimé que l’impact budgétaire du CHITC sur dix ans dépasserait 8,4 milliards de dollars. Réparti sur la période de 2023–2024 à 2027–2028,9 l’impact budgétaire est plus proche de 5 milliards de dollars, soit 600 millions de dollars de moins que l’estimation du PBO.
Cependant, une fois ces projets abandonnés retirés, l’impact budgétaire du CHITC tombe à 2,8 milliards de dollars (Tableau 9), soit une variation de 2,9 milliards de dollars par rapport à l’estimation du PBO.
Tableau 9
Impact budgétaire estimé du CHITC (milliers de dollars)
| 2023–2028 | vs. Budget | vs. PBO | |
|---|---|---|---|
| Budget 2023 | $5,560,000 | – | −178 000 $ |
| PBO (2024) | $5,738,000 | $178,000 | – |
| CHA (2026) | $5,082,000 | −478 000 $ | −656 000 $ |
| CHA – révisé (février 2026) | $2,835,000 | − 2 725 000 $ | −2 903 000 $ |
Note : Liste des projets d’hydrogène utilisant l’électrolyse fournie par le CHA; Hypothèses, ajustements et calculs de coûts de Gougeon EP.
Il est important de noter que cette estimation repose sur des hypothèses uniformes pour tous les projets (voir section 7.4 ci-dessous). Cependant, ces hypothèses tendent à surestimer l’impact budgétaire des projets par rapport aux hypothèses utilisées par le PBO, ce qui devrait minimiser la variance par rapport à l’estimation du PBO.
9 Tous les projets sont prévus pour commencer après 2029.
7.4 Méthodologie de calcul
7.4.1 Valeur de l’investissement en capital
La CHA a d’abord compilé une liste de tous les projets de production d’hydrogène par électrolyse d’eau annoncés ces dernières années. Pour chaque projet, la taille de l’électrolyseur (en MW) a été obtenue à partir des informations rendues publiques par les développeurs du projet.
La valeur de l’investissement encapital 10 a alors été estimée, car cette information est rarement rendue publique.
Tableau 10
Hypothèses pour calculer le coût des investissements en capital
| Taille de l’électrolyseur | Coût du projet ($M / MW) |
|---|---|
| 20 MW et moins | 8.5 |
| 20 MW à 80 MW | 7.0 |
| Plus de 80 MW | 5.5 |
Les données du tableau 10 peuvent bien sûr être sous-estimées ou surestimées. Cependant, la variance serait significative dans les deux cas compte tenu de la taille des projets abandonnés.
Si les valeurs étaient inférieures de 10%, le coût du CHITC de 2023 à 2028 serait de 2,6 milliards de dollars, soit 283 millions de dollars de moins que le scénario de référence présenté dans le tableau ci-dessus. Si les valeurs étaient 10% plus élevées, l’impact budgétaire du CHITC serait de 3,4 milliards de dollars, soit 567 millions de dollars de plus que dans le scénario de référence. Les écarts par rapport aux prévisions du PBO dépassent donc largement 2 milliards de dollars.
7.4.2 Taux d’admissibilité
On a supposé que 70% des investissements calculés sont admissibles à des crédits d’impôt. Il est probable que ce taux d’inclusion soit plus élevé que le taux réel. Cependant, cela surestimerait le coût du CHITC et minimiserait la variance avec l’estimation du PBO.
7.4.3 Taux de crédit
Un taux de crédit d’impôt différent était appliqué selon la source d’énergie. Pour les projets alimentés par l’énergie éolienne, un taux de 40% a été appliqué. Pour l’hydroélectricité, le taux utilisé était plus proche de 25%. Pour d’autres projets, y compris ceux en Ontario, par exemple, un taux de 15% a été appliqué. 11
En supposant qu’un taux de crédit d’impôt de 40% soit appliqué à tous les projets, le CHITC coûtera 3,2 milliards de dollars pour 2023–2028, toutes choses étant égales par ailleurs. Notez que, si le calcul n’était pas limité à la période 2023–2028, le CHITC coûterait 6,1 milliards de dollars pour des projets annoncés ou en cours de développement, soit seulement 400 millions de dollars de plus que les prévisions du PBO pour la période de cinq ans.
7.5 Conclusion sur l’espace budgétaire
Étant donné que de nombreux projets d’hydrogène propre ne se concrétiseront finalement pas, il est raisonnable de supposer que le CHITC coûtera moins cher que prévu initialement.
L’écart estimé par rapport à la prévision budgétaire initiale est de 2,7 milliards de dollars.
Basée sur les hypothèses de calcul et la taille des projets récemment abandonnés, cette estimation semble réaliste. Notez aussi que le projet TES Canada a été inclus dans le coût estimé du CHITC.
10 CAPEX | 11 Source : CHA
08Conclusion
StormFisher demande au gouvernement d’améliorer le CHITC afin que ses investissements dans la production d’e-méthanol soient admissibles à un crédit d’impôt de 15%, comme c’est le cas pour l’ammoniac. Pour le projet de StormFisher, cela représente 94 millions de dollars en aide fiscale probable qui garantirait avant tout la rentabilité requise par ses investisseurs.
Pour les six projets présentés dans cette étude, le coût maximal de l’amendement fiscal serait de 379 millions de dollars.
Ces investissements généreraient des impacts économiques et fiscaux. L’exploitation de l’usine StormFisher générera 5 millions de dollars supplémentaires en recettes fiscales fédérales par année, ce qui permettrait au gouvernement fédéral de récupérer son aide fiscale sur une période de 18 ans. Si les 101 millions de dollars de revenus fiscaux générés par la construction de l’usine sont également inclus, les frais seront immédiatement récupérés.
Il a également été établi que le gouvernement dispose de l’espace budgétaire nécessaire pour accorder la demande de StormFisher. Compte tenu des prévisions budgétaires pour le CHITC et des progrès réalisés dans plusieurs projets d’hydrogène vert, l’espace budgétaire est de 2,7 milliards de dollars, ce qui constitue une marge budgétaire considérable. Comparé aux près de 400 millions $ que coûterait l’amendement fiscal, l’espace libéré est près de sept fois plus grand.
Compte tenu de cette variance importante, on peut affirmer avec confiance que, même si la demande pour le crédit d’impôt augmente de façon significative, même si l’espace budgétaire de 2,7 milliards de dollars a été surestimé à mesure que de nouveaux projets sont réalisés, ou même si les recettes fiscales sont inférieures aux attentes, il y aurait tout de même suffisamment de marge de manœuvre pour absorber les coûts associés à cette mesure fiscale.
La demande pour ce type de production est sur le point de croître et soutiendra le développement d’un secteur industriel qui contribuera à réduire significativement les émissions de GES. Comme démontré à l’article 5.3, ces projets à forte valeur ajoutée aideront à augmenter la productivité moyenne au Canada.
06Bibliographie
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